billet de Sam n° 9 : Marie, fille de Sion

Marie, fille de Sion

La tradition chrétienne a toujours donné à Marie, mère de Jésus, un rôle important qu’on voit se dessiner en filigrane dans l’Écriture sainte. Marie apparaît d’abord semblable à ses contemporaines. Son nom était courant à l’époque de Jésus; il avait été porté autrefois par la sœur de Moïse, (cf Exode 15, v20). Dans l’araméen d’alors, il signifie probablement « princesse », « Dame ».

L’évangile de Luc montre en Marie une pieuse femme juive, fidèlement soumise à la Loi. On le voit par exemple en Luc 2, v22-25, lors de la présentation de Jésus au Temple.

Dans son Magnificat, Marie s’exprime dans les termes-mêmes de L’Ancien Testament, où elle reprend le cantique d’Anne, mère de Samuel:

Luc 1, v46-55 1                                                                             Samuel 2, v1-10

Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit...         Mon coeur exulte en Yahvé;

…Saint est son Nom…                                                       …Point de saint comme Yahvé;

Il renverse les puissants de leur trône,                         L’arc des puissants est brisé…

Il élève les humbles...                         Yahvé appauvrit et enrichit; il abaisse et il élève.

Il comble de biens les affamés,                                    Les affamés cessent de travailler,

renvoie les riches les mains vides.                   Les riches s’embauchent pour du pain.

 

Mais d’après l’évangile de Luc, Marie n’est pas une simple femme juive. Elle est « la Fille de Sion »…Les paroles de l’Ange à l’Annonciation évoquent les promesses du Seigneur à sa cité sainte, comme on le lit dans le prophète Sophonie 3, v14-17 (qui vivait dans les années 600 avant JC):

« Pousse des cris de joie, Fille de Sion! Réjouis-toi, fille de Jérusalem…

« Sois sans crainte Sion, le Seigneur ton Dieu est au milieu de toi… »

ou dans le prophète Zacharie 9, v9 (500 avant JC):

« Exulte de toutes tes forces, fille de Sion!

« Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem!

« Voici que ton roi vient à toi… »

Ces textes correspondent au rôle de Marie: elle reçoit, seule au nom de tout Israël, l’annonce du salut; elle l’accepte et rend possible son accomplissement.

Dans son Magnificat, elle prête sa voix à la race d’Abraham, dans la reconnaissance et la joie:

« Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,

« de la promesse faite à nos pères en faveur d’Abraham et de sa race à
jamais, » (cf Luc 1, v54-55)

selon ce qu’avait dit le prophète Isaïe en 41, v8 et 14:

« Toi Israël mon serviteur, Jacob que j’ai choisi, race d’Abraham, mon ami,

« Ne crains pas, car je suis avec toi…Le Saint d’Israël est ton
Rédempteur… »

Il y aurait beaucoup à dire encore sur Marie, comme Vierge et Mère, ou
sur Marie et l’Eglise…peut-être une autre fois!

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